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dimanche 16 août 2020

Rome : Galleria (ou Galerie) Borghese (2)


Après la visite du deuxième étage de la Galleria (ou Galerie) Borghese, le premier, avec ses trésors d'art antique, les chefs-d’œuvre du Bernin et du Caravage. Magnifique visite !




Après la visite du deuxième étage, j'emprunte l'escalier pour le niveau inférieur. Un petit coup d’œil sur les "jardins secrets" à la française.



A l'origine, les pièces de cette fabuleuse collection étaient réparties un peu partout, et l'accrochage tenait surtout compte du format pour recouvrir les murs. C'est au XVIIIe siècle que la collection fut davantage organisée. Au premier étage, l'Antiquité et les grandes œuvres de Bernin. C'est là aussi qu'on peut admirer la salle Caravage qui, avec ses six tableaux du maître, en constitue la plus grosse collection. Beaucoup de musées sont ravis d'en posséder déjà un !


La ville de Rome est depuis deux millénaires baignée d'Antiquité, et donc d'antiquités, qui ne jouissaient pas toujours du prestige que cette période a acquise aujourd'hui. Mais, si le Moyen-Age avait relativement limité l'intérêt pour cette période artistique aux connaisseurs, alors que la littérature continuait à être intensément étudiée, la Renaissance avait redonné le goût pour l'antique. A Rome, il n'y avait qu'à se servir. Cependant on ne peut vraiment parler d'archéologie : fabriquer un patchwork avec une tête, des bras et un torse provenant de statues différentes ne posait pas de problème. Et "restaurer une statue" signifiait surtout de demander à un artiste moderne d'imaginer les parties lacunaires. C'est d'ailleurs un phénomène international, Louis XIV exploita Bouchardon aux mêmes fins chez nous.

Le projet n'est donc pas, comme à notre époque, la connaissance du passé et encore moins l'intégrité de l’œuvre, mais la recherche du beau. Point. Quitte à ôter des parties jugées disgracieuses pour les remplacer par d'autres.

Cela pose un autre problème dans la conquête du savoir, c'est que nombre de ces pièces ont perdu toute possibilité d'identification. Où ont-elles été trouvées, quand, de quel siècle datent-elles ? Les éléments stylistiques apportent des réponses, les points de comparaison et les attributs fournissent des indices pour reconnaître Hercule ou Minerve, mais beaucoup de questions demeurent. Les cartels dans cette partie sont par conséquent, hélas, loin d'être systématiques. La plupart signalent le IIe siècle.



La déco est particulièrement attentive dans ces salles, où on a essayé d'associer l'idée qu'on se faisait de l'Antiquité avec la quantité d'or nécessaire à un palais. Le résultat n'est pas vraiment léger, mais indéniablement imposant.






Le Bernin, L'Enlèvement de Proserpine

C'est dans sa jeunesse que le Bernin sculpta ce groupe, peut-être avec la collaboration de son père. Proserpine, la Perséphone des Grecs, déesse du printemps, fut enlevée par Pluton pour devenir reine des Enfers.

Le dieu porte encore des traits académiques, et il se peut que les modèles antiques aient servi ici.


Mais le geste de Proserpine qui repousse Pluton, son expression affolée, le dynamisme entre les deux corps, annoncent déjà les grands chefs-d'oeuvre. J'adore le détail de la main de Pluton qui s'enfonce entre les côtes de Proserpine : une recherche de réalisme pour démontrer la sauvagerie du dieu, et susciter la compassion du spectateur. L'art baroque et son étude des passions. 





Dans ce projet où les œuvres antiques participent à la décoration, on n'est pas étonné de voir les mosaïques directement incorporées au pavement. Ici un instantané, le moment où les pêcheurs sortent le poisson de l'eau. C'est étonnant de constater combien la scène est intemporelle ; seuls les vêtements de l'homme de gauche trahissent l'Antiquité.


Magnifique travail, notamment dans la souplesse du drapé, à la fois léger et collant, et dans le modelé du visage.



Superbe et charnelle.


L'Hermaphrodite endormi, dont le lit fut refait par Bergondi à la fin du XVIIIe siècle. La représentation troublante d'un corps portant les deux sexes rencontra un grand succès.

Le Bernin, Enée, Anchise et Ascagne

La dynastie troyenne : Anchise, son fils Enée (amoureux de Didon, futur fondateur de Rome), son petit-fils Ascagne. On peut relire L'Enéide ou revoir Les Troyens ! Ce grand groupe montre la bonne technique du Bernin (là aussi, sans doute assisté de son père), mais les visages modérément expressifs n'en font pas encore une de ses grandes réussites.


Magnifique sarcophage, où les divinités marines entourent Vénus dans sa coquille.



Triple statue, un multiple répandu dans l'Antiquité. Une fameuse colonne à Delphes montrait ainsi les filles du roi d'Athènes. 
Beaucoup de statues étaient d'ailleurs des copies directes d'originaux grecs, qui représentait pour eux l'idéal artistique et intellectuel.


Esculape, le dieu de la médecine, avec le serpent enroulé qui est resté un symbole pharmaceutique.


Le Bernin, La Vérité

A l'origine, la statue devait représenter La Vérité dévoilée par le Temps mais ce dernier ne fut jamais sculpté.







Une variante sur la thématique antique avec cette salle ornée à l'égyptienne.





Le Caravage


Le Caravage, Jeune Homme à la corbeille de fruits

Tableau de jeunesse, ce Jeune homme à la corbeille de fruits est l'occasion de montrer déjà un fabuleux talent qui peut en remontrer à son maître, le Cavalier d'Arpino. C'est un tableau virtuose qui vainc trois difficultés différentes : la chair, le drapé, la nature morte. En outre, dans cette dernière, le peintre associe des fruits de texture diverse, lisse ou veloutée, et des feuilles. La nature morte n'est pas encore un genre à part entière en Italie, ce sont les Flamands et Néerlandais qui le développent à travers leurs tables mises. Mais cela plaît à Rome et d'ailleurs, une des premières activités du Caravage dans les grands ateliers romains fut justement de peindre fleurs et fruits. Il disait que cela lui demandait autant de travail qu'un tableau de figures.

Le jeune homme du tableau, c'est le Caravage en personne, avec sa chevelure abondante.

Le Caravage, Saint Jean Baptiste
 
Saint Jean Baptiste est un des sujets récurrents chez Caravage, avec une dizaine de toiles ; en comparant avec la version du Musée du Capitole, on constate tout de suite combien celle-ci est plus mélancolique. L'agneau se désintéresse de lui, et le tissu rouge, qu'on peut suivre de toile en toile tant le Caravage en fait un vrai motif, pourrait désigner le sang qui coulera. A ses pieds, pourtant, le peintre peint une touffe de molène (l'espèce la plus connue est le bouillon blanc), qui avait la réputation de conjurer le mauvais sort. C'est une plante qui revient à de nombreuses reprises dans son œuvre, comme une tentative désespérée d'améliorer sa vie, faite de célébrité fastueuse et d'arrestations répétées.

Comme je l'ai souvent souligné, beaucoup de toiles du Caravage furent refusées pour les mêmes raisons qu'il est particulièrement apprécié aujourd'hui. Chez lui, le divin, le surhomme, l'exceptionnel s'efface ; il s'agit de personnes, qui manifestent des émotions proches des nôtres. Il prenait souvent ses modèles parmi le peuple, et ici c'est avant tout un petit berger aux pieds sales qui nous est montré.

Et il s'agit ici d'une de ses toutes dernières toiles. Après un exode hors de Rome, qui le mène à Naples, puis à Malte, puis en Sicile, puis de nouveau à Naples, Le Caravage obtient enfin le droit de revenir ici, dans la ville de ses grands succès. Il loue une barque, et y emporte trois toiles roulées pour ses fidèles protecteurs romains. Ce Saint Jean Baptiste est une des trois. 
 
On sait la suite ; le peintre n'arrivera jamais à destination. Il meurt à l'hôpital de Porto Ercole de malaria, alors que son embarcation est partie sans lui pour Rome...

Le Caravage, Saint Jérôme
 
Ce Saint Jérôme pénitent, d'un extraordinaire clair-obscur, fut directement peint à la demande de Scipione Borghese. Saint Jérôme, un des saints les plus portraiturés de l'histoire de l'art, était souvent représenté en portrait mais le peintre se permet de choisir un format large, qui étire le bras sur les livres.


Avant tout, il s'agit d'un vieil homme, sans doute à la vue basse, qui écarquille les yeux en se concentrant sur sa lecture. Ces vieillards ridés étaient des modèles de prédilection pour le peintre, et on ne s'étonne plus de retrouver les mêmes têtes tout au long de la période romaine.


La lumière savante et théâtrale met en lumière les deux têtes, celle du saint et le crâne, comme une vanité, soulignant  la dimension funeste de cette pénitence. Mais Saint Jérôme est un lettré ; le crâne domine, certes, mais ce sont des livres qu'il surmonte. D'ailleurs, l'inventaire des objets est bien limité ici ; un drap blanc qui ne semble être là que pour équilibrer la scène, un crâne, une plume et quatre livres. Le quatrième est un peu dissimulé derrière la main mais on le voit bien.
 
 
Je me demande tout de même, avec ce drap mystérieux, s'il n'y a pas la volonté de créer un personnage. Bien à l'aplomb du crâne, il semble le prolonger comme pour lui donner un corps. Je ne sais trop quoi faire de cette idée, mais cela m'a frappé soudain.

Le Caravage, Autoportrait en Bacchus malade

Le Bacchus malade n'est sans doute pas le titre d'origine ; il est certain qu'il s'agit bien d'un autoportrait et que Michelangelo (Michelangelo Merisi est son vrai nom) est bien malade sur ce tableau. Il avait failli perdre une jambe lors d'un accident et s'était retrouvé à l'hôpital, et cette peinture est la première réalisée à sa sortie.


C'est un tableau troublant ; on sait que le peintre n'est pas du genre à embellir, il cherche plutôt à manifester tous les traits possibles de l'humain. Je me demande si cette représentation en Bacchus, dieu du vin, de la jouissance, d'une vie exubérante, n'est pas une revanche sur le sort. On sait qu'un simple accident pouvait coûter la vie et que les hôpitaux, souvent religieux d'ailleurs, n'étaient pas encore au fait de l'asepsie qui sera développée ensuite. Cette manière de serrer la grappe de raisin, avec un sourire un peu triste, et des lèvres bleuies comme celles d'un cadavre, me semblent très expressives.


J'ai une autre théorie, tout aussi personnelle ; ne peut-on voir une allusion phallique avec les deux pêches et la grappe de raisins qui semblent s'écouler de la table ?

Le Caravage, David avec la tête de Goliath

Tout comme Jean-Baptiste, David est un personnage récurrent chez le Caravage. Celui-ci est très proche de celui de Vienne : David, à gauche, brandit la tête de Goliath à droite du tableau.


La tête de Goliath est très proche aussi avec la bouche ouverte ; les yeux semblent cependant plus ouverts ici mais on retrouve le même pli entre les sourcils froncés. Le même raccourci virtuose sur le bras, presque vu de face, fonctionne idéalement.

Le tableau a été peint alors que Le Caravage, exilé après son duel meurtrier, tentait de revenir à Rome et pour cela de regagner les faveurs du pape. Ce n'est donc pas étonnant qu'il ait donné à Goliath ses propres traits ; symboliquement, il offre sa tête.


La première différence avec le tableau viennois concerne le bras droit qui tient l'épée, ici dirigé vers le bas, retombant après l'action.


La seconde, peut-être plus essentielle, concerne le regard étonnant de la version Borghese ; un peu attristé, presque compatissant. La beauté triomphale du David de Vienne fait place, à nouveau, à l'humanité. Je ressens la même chose avec la Judith : la conviction de la mission divine est bien là, mais elle s'accompagne de sentiment humain ; ici, presque du regret.

Le Caravage, La Madone des Palefreniers

Immense chef-d’œuvre que cette Madone des Palefreniers, dont le titre provient de la Corporation qui commanda le tableau. Celui-ci devait être exposé à Saint Pierre, il fut retiré au bout de deux jours. Il partit dans l'église de Santa Maria dei Palafrenieri et fit de nouveau scandale. Scipione Borghese, fin connaisseur, se précipita pour l'acheter.


Pourquoi fit-il donc tant de bruit, ce tableau ?

La Vierge ? Une femme légèrement vêtue, qui porte un voile transparent sur ses seins. En outre, le modèle aurait été une prostituée de la Piazza Navona. Michelangelo recrutait dans le peuple, je le rappelle.


La Sainte Anne ? Une vieille femme outrageusement ridée, vêtue comme une simple servante. Bingo ; c'était exactement le cas du modèle. Mais elle prend ici la pose d'une statue antique.

Des gens ordinaires, donc, tout à fait inconciliables avec les saints qu'on voulait voir  représenté. L'iconographie classique voulait en outre que la la Vierge soit assise sur les genoux de sa mère, comme dans la version de Léonard de Vinci. Ici, Sainte Anne se contente d'observer la scène, les bras croisés. "On dirait une grand-mère !" se serait récrié un membre du clergé. Oui, c'est exactement cela.


Les deux pieds se rapportent à un débat théologique qui agite l'église au XVIe siècle, autour de l'Immaculée Conception. Est-ce le Christ qui vient à bout du mal ou la Vierge, comme l'Immaculée Conception (qui désigne le fait que la Vierge a été conçue sans péché, et non qu'elle ait elle même conçu ainsi) l'autorise ? C'est une question qui prit une importance considérable en un siècle où l'église vit un des schismes les plus importants de son histoire, et où Catholiques et Protestants se divisent sur cette question.

La réponse du Caravage est pourtant unificatrice : ce sont tous les deux qui écrasent le mal.









Les Borghese possédaient de nombreuses propriétés à Rome ; dans l'une d'elles, près de Tusculum, on dégagea cette remarquable mosaïque, véritable catalogue de l'art des gladiateurs. Il s'agit des stars de l'époque, dont on peut lire les noms.


Calumorius, horriblement frappé, est représenté avec un réalisme exceptionnel.


Ici c'est la venatio, le mot à l'origine de venaison : on combat entre un gladiateur et une bête féroce. Panthères et lions étaient capturés et amenés par bateaux à Rome. Victoire pour Serpenius qui a blessé l'animal !



Mais tous ne sont pas aussi chanceux.


Ici c'est un véritable carnage. La représentation de ces gladiateurs souffrants, les fesses à l'air, est presque déjà naturaliste.


Astacius a droit à deux représentations ! Il s'agissait de grandes célébrités, à la renommée comparable à nos footballeurs actuels. Certains faisaient réaliser des images en terre cuite qu'ils distribuaient à leurs admirateurs. Et la mosaïque nous a laissé leurs noms à jamais !



Très beau Bacchus, qui servira de modèle aux peintres comme aux sculpteurs.





Hercule, un des ancêtres des super-héros, est aussi souvent représenté sur les statues antiques que Spiderman sur les tee-shirts. Massue et peau du lion de Némée sont toujours les indices à ne pas manquer.



Formidable sarcophage de bataille, où mouvement, pagaille et désastre sont rendus avec force.





Antonio Canova, Pauline Borghese Bonaparte
 
Pauline Borghese fut considérée comme une des plus belles femmes de son époque, et la statue d'Antonio Canova est sans aucun doute une des plus belles statues féminines jamais réalisées.


L'artiste nous la présente en Vénus à demi-nue, tenant dans la main gauche la pomme de la discorde lors du jugement de Pâris. Celui-ci devait choisir la plus belle femme du monde entre Junon, Minerve et elle-même, mais elle tricha en promettant au jeune prince la main de la belle Hélène contre son vote.


La sculpture rencontra immédiatement un immense succès et fut tenue pour "parfaite". La pureté des lignes, le grain du marbre, la délicatesse du profil y sont sans doute pour beaucoup.




Un enfant rieur et expressif.


Ce sarcophage fut malheureusement scié pour être exposé sur deux parois de la salle. On y voit dix travaux d'Hercule ; j'ignore si les deux manquants se trouvaient sur les côtés ou s'ils ne furent pas retenus.

On commence la lecture à gauche, avec l'inévitable lion de Némée ; le cinquième montre le héros bandant son arc pour tirer sur les oiseaux du lac Stymphale.


Voici un détail du second, Hercule qui s'attaque à l'Hydre de Lerne. La représentation de la tête me rappelle beaucoup celles de Méduse, un travail pour son copain Persée.


Suite des travaux, bien plus difficiles à identifier car ils ne retiennent pas toujours l'épisode que nous connaissons le mieux.



Toujours des sarcophages marins avec Poséidon, Vénus dans sa coquille, des tritons...



Le Bernin, David
 
Après le David du Caravage, celui du Bernin.Coup de maître d'un jeune homme de vingt-et-un ans !


L'originalité est le choix du moment : pas de héros vainqueur comme chez le Caravage (ou chez Michel-Ange, peut-être la version la plus fameuse) mais un jeune homme vigoureux saisi en pleine action, les lèvres serrées, prêt à lancer sa fronde. La sculpture baroque se concrétise dans ce qui deviendront d'importantes thématiques, l'émotion et le mouvement.


Le Bernin n'oublie pas pour autant les attributs traditionnels, comme la harpe, et il a la bonne idée de les laisser au sol. Aussi original qu'efficace.





Sculpture baroque, mais de l'Antiquité : un jeune homme ouvre un coquillage, pour le déguster (ou y trouver une perle ?) et attire l'attention de deux curieux. La scène est présentée avec un naturel éblouissant.



L'enfant aux canards, célèbre statue de la collection antique.

Le Bernin, Apollon et Daphné
 
C'est peut-être l’œuvre du Bernin que je préfère. Le sujet est tiré des Métamorphoses d'Ovide. Apollon poursuit Daphné (aujourd'hui il serait condamné pour harcèlement !) qui finit par demander l'aide de son papa. Pour la tirer des pattes de cet obsédé sexuel, celui-ci la transforme en laurier. D'ailleurs, la légende veut qu'Apollon vouât ensuite un culte au laurier ; lors des jeux organisés à Delphes en son honneur, on remettait des couronnes de feuilles de laurier au vainqueur. C'est donc la l'origine de la couronne de laurier, du mot lauréat et même du baccalauréat.


Le Bernin sait d'instinct le moment le plus émouvant de l'histoire : c'est celui même de la transformation.


C'est donc celui où les mains et les pieds se transforment.



C'est comme un arrêt sur image. Tout est en mouvement, thématique baroque essentielle.


Les voiles virevoltent. Celui-là est d'une inimaginable virtuosité, même de près j'ai toujours la sensation du tissu.


Les corps vrillent, les bras se courbent, le sentiment du déplacement qu'on aurait figé subitement est bien là.


Les visages sont absolument remarquables. Celui de l'Apollon fut maintes fois recopié et devint un authentique parangon.

Au contraire, avec Daphné, c'est l'expressivité qui domine. C'est l'héroïne d'un film d'horreur, une jeune fille avec le danger juste contre elle. La proximité des corps, leur sensualité montrent bien l'enjeu : c'est une innocente à deux doigts d'être violée qui est devant nous.

Extraordinaire.

Je suis toujours aussi remué chaque fois que je vois cette statue. Le mot d'art baroque a tellement été dévoyé et parfois synonyme d'excès et de boursouflures qu'on oublie comment les fabuleuses créations du Bernin et du Caravage s'y inscrivent.


Un Saint Jean-Baptiste de Houdon de 1767, très convaincant d'assurance.



Statue à la vie mouvementée, transformée en Jupiter puis en Mercure !


Un remarquable Satyre aux crotales ; ce mot ne désigne pas un reptile mais l'instrument de musique qui ressemble à des castagnettes. Le serpent à sonnette reçut ce nom car le bruit émis en faisant vibrer sa queue était proche du son produit.






5 commentaires:

  1. Merci de nous offrir ces merveilles avec autant de passionnants commentaires ! Un vrai plaisir. Bravo !
    Michèle

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    1. Un grand merci pour ce chaleureux commentaire, Michèle !

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  2. Fred, grâce à toi, je visite un palais digne d’un roi. L’or est partout et c’est éblouissant. Le maître de la villa, connaisseur, a rassemblé de très grands chefs d’œuvres. Quelle chance. J’en profite au maximum, et cela est difficile tellement ils sont nombreux : peintures, torses en marbre, mosaïques, un magnifique jardin, de nombreuses statues immenses dans des niches, plus petites sur des colonnes. Celles qui attirent mon regard…Bernin évidemment, superbes. Au milieu de ces merveilles, un certain nombre restera (quand on aime l’art). A la fin de la visite il y a le cadeau : Caravage avec plusieurs tableaux, une rareté.
    Mille mercis pour cette incroyable journée tellement agréable.
    Bisous. Mam.

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    1. Oh oui, la Galerie Borghese vaut vraiment la visite ! C'est un vrai plaisir, et les oeuvres du Caravage et du Bernin la justifient à elle seule.
      Un grand merci pour ce commentaire riche et affectueux.

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  3. Passionnante visite avec des commentaires captivants et érudits. Merci pour cette remarquable publication.
    Michze

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