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jeudi 29 août 2019

Yokohama : De Naka-ku à Nishi-ku



Le train emprunté à la station Tsurumi JR me laisse dans une banlieue proche du port méthanier, de l'autre côté du centre de Yokohama. Décidément une énorme agglomération.

Naka-ku




Malgré l'éloignement du centre, la fantaisie des architectes se fait sentir ! Il s'agit d'une vraie façade, avec des balcons derrière. Dans les villes du Nord, cette solution serait rejetée car elle ôte sans doute beaucoup de luminosité dans les intérieurs, mais ici le problème ne se pose guère.


Mes ressources de petit déjeuner sont expirées. Un arrêt chez la Petite Sirène me permet de faire le plein de calories. 180 yens.


Le Japon, c'est le pays du suremballage. Chaque produit est ensaché séparément et placé dans un sac plus grand, systématiquement.

Cependant c'est aussi un pays où les gens sont propres ; voir un sac en plastique voler par grand vent ou un emballage dans la rue est proprement impensable. Et tout est trié, les plastiques le sont séparément.

Moins de déchets, de toute façon ce serait moins à recycler, mais ce n'est pas si facile de trancher sur ce comportement.




L'itinéraire de Google Maps ne me place pas du tout dans une zone touristique. Une banlieue indéfinissable, assez graphique, rythmée par le double viaduc (route et chemin de fer).




A l'arrière, paysage familier de la région où je vis, le golfe de Fos. C'était bien la peine de faire autant de kilomètres !


Je me trompe un peu et je marche pendant plus d'une heure. C'est vrai aussi que je ne m'ennuie jamais en marchant, les habitations des gens m'intéressent.



Je finis par atteindre une zone plus clairement urbaine. Vu l'heure, j'en profiterais bien pour déjeuner.


Déjeuner ?


C'est inimaginable, à croire que le destin me fait une farce. J'ai l'impression d'avoir débouché dans un quartier où on ne peut manger que des plats occidentaux ! Pour mon dernier déjeuner japonais, je voudrais manger un plat qui le soit tout autant.


Supagheti chez Jolly Pasta ? Non.



Tea room, coffee ? J'aimerais plus consistant.


Le gâte-sauce du Kentucky ? A fuir !


Même déguisé avec un haori, il ne trompe personne !


Et puis quoi encore ?


Seulement si le serveur joue de l'ukulele !


Ah, celui-ci est bien. Et bien fermé, aussi.


Enfin ! Une adresse sympathique où je pourrais manger ce que je cherche.


Pour moins de 800 yens, un plat déconcertant, avec un fish cake (maison, j'ai vu la confection à gauche, dans la cuisine ouverte), du poulet, des champignons, la ciboule obligée, une sauce teriyaki. Et un œuf à casser dessus.

Alliance surprenante mais c'est vraiment bon.

Je n'ai pas reconnu le kanji de l'accompagnement ; c'est un flan aux œufs industriel, mais que je déguste avec plaisir.

Bref, un repas-surprise de plus, et un plaisir peu ruineux.

A la recherche du Sankei-en



Les recherches de restaurant m'ont un peu écarté de mon itinéraire et je ne cesse de me tromper en tentant de revenir sur celui d'origine. Google Maps m'a soudain inventé une position fantaisiste et ça n'arrange rien.



Deux ouvriers du bâtiment (j'ai regardé où ils allaient tant leur tenue m'intriguait) portent le large pantalon traditionnel, que je n'ai vu que dans les musées. Je m'interroge sur l'aspect pratique de la chose, et j'ai le sentiment aussi qu'on doit avoir bien chaud là-dedans.


Le sanctuaire inconnu ! Je serais bien allé voir ces deux statues de plus près, mais la barrière ne me laisse pas d'alternative.



Ensuite, je vis une autre expérience singulière. On fait des travaux dans la rue ; on a creusé un grand trou et de temps en temps, le filin descend.

C'est très japonais. Un employé tient un sonomètre pour vérifier qu'on ne dépasse pas un taux acceptable de décibels et deux autres, avec le harnais blanc, s'occupent de la circulation.


J'ai seulement besoin d'aller dans la rue à gauche, vers le panneau vert. Pour cela, il faut que je traverse la rue, éventuellement plus au sud, et de toute façon je resterai loin de la zone de travaux.

Mais pas du tout ! Les deux chargés de la circulation tiennent absolument à ce que je prenne place sur les bancs, avec les deux malheureux qui ont été également consignés.

J'obéis un petit moment, puis, au bout d'un quart d'heure, voyant que la situation n'évolue pas, je fais marche arrière et opère un grand détour pour rejoindre la rue convoitée.

Sankei-en



J'atteins enfin le Sankei-en, un fort agréable jardin où on a déplacé des maisons anciennes.


Parmi celles-ci, la Gassho Zukuri est particulièrement intéressante.

Vers le centre



Il semblerait que l'itinéraire soit assez long, une heure et demie environ, mais j'ai envie d'en profiter. Et c'est tout simple, une fois que j'aurai atteint Honmoku, je n'aurai qu'à suivre le boulevard jusqu'au tunnel.

Un spectaculaire plumbago fait jardin à lui tout seul !


Isupania = España !


C'est une randonnée urbaine intéressante, qui me rappelle un peu mon grand périple dans Osaka. Allées ombragées, audaces architecturales, ce n'est jamais lassant.



Toujours ma théorie des balcons : jardin au sol, rien dans les étages.


Collection d'automobiles anciennes près d'un diner à l'américaine.


Je suis frappé, cette année, par le nombre de plantes aromatiques occidentales. J'ai vu du thym et du romarin plantés dans des massifs, qui s'épanouissaient, de la menthe à profusion (le mojito a conquis le Japon), et c'est maintenant le basilic qui est proposé. Ce n'est même pas une plante de luxe : à 150 yens, c'est quasiment moins cher que chez nous.


Ah, le charme indicible des dessins locaux !


Je passe maintenant à une partie protégée, comme dans les villes de moyenne importance. J'aurais bien apprécié à Karatsu avec le typhon, mais ici cela va me prémunir du soleil.


Ce quartier ne pose aucun problème d'approvisionnement, avec boucheries, poissonneries, "petits commerces". Mais la taille de celui-ci est sidérante !


En haut, c'est Yamate, le quartier des anciennes résidences coloniales. Le marquage au sol me laisse toujours perplexe.


Un petit café a posé devant son enseigne des chaises dépareillées et dans un état pour le moins disparate !


L'autre côté de Yamate. Je touche au but !


Je m'étais un peu inquiété de la présence du tunnel sur le plan. En l'absence de partie piétonnière, j'étais contraint à un large détour. Mais pas du tout, une zone est prévue pour les vélos et les piétons.


De l'autre côté, on change d'univers.


Une petite rue climatisée. Bingo ! Un Doutor à proximité !


Une pause roborative au frais avec un expresso bien mérité.


Je franchis le canal surmonté du double viaduc, point de repère de mes itinéraires dans Ishikawacho.


Devant la gare de Kannai, un spectacle jamais vu : des Japonais qui manifestent ! J'ai l'impression que c'est l'équivalent du Speaker's Corner à Hyde Park, un lieu traditionnel d'expression libre.

Dîner



Inévitable : un dernier repas de ramen, qui reste pour moi le plat le plus représentatif de la cuisine japonaise courante. Cette fois, ce sont des pâtes chinoises, celles des cup noodles ! Après tout, c'est ici que ce produit a vu le jour.


Quelques gyoza en prime, je n'en ai que trop rarement mangé cette année.

Landmark Tower



Je pourrais reprendre le train ici mais j'aimerais apercevoir la Landmark Tower avant de partir. Je traverse un quartier de divertissements, entre bars aux options diverses et love hotels.



La nuit a fini par tomber tout à fait. Les multiples églises de Yokohama trahissent la longue présence occidentale.


Voilà la Landmark Tower !



A son pied, dans le bassin, le voilier est toujours bien éclairé.



Il me faut me déplacer pour parvenir à cadrer correctement l'Intercontinental Hotel, avec sa forme de demi-ovale et la grande roue du Cosmo World.

Mission accomplie. Je peux reprendre le train à Sakuragicho.


Je m'attendais à ce que le train soit bondé mais c'est plutôt calme. La dame en face de moi rompt les usages en répondant à son téléphone. Elle chuchote et couvre sa bouche pour essayer de passer inaperçue.

Dernières courses avant de retourner à l'hôtel, dans le grand magasin habituel, à côté de la gare. Je tente de ramener un peu plus de produits frais !

Soirée occupée. J'ai droit à deux bagages de 23 kg, il me faut déplacer, peser, repeser. Et demain matin, je me lève à 4:45 !