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lundi 22 octobre 2018

Barcelone : Musée Picasso, Parc de la Ciutadella

Itinéraire pédestre


Le Raval est un des plus vieux quartiers de Barcelone. En gros, c'est la partie à droite quand on descend les Ramblas.
Il y a une trentaine d'années, le quartier n'était pas des plus sûrs mais il est devenu peu à peu une zone culturelle, sous l'impulsion des universités et du musée d'art contemporain qui y diffusent leurs activités. Les places historiques s'y sont assagies.

Sur les Ramblas, près de la Boqueria, cette façade aux accents modernistes est photographiée des dizaines de fois tous les jours.

L'église Sant Agusti, Saint Augustin, n'expose qu'une demi-décoration de façade.
C'est de cette église que part le tunnel secret jusqu'au couvent transformé en hôtel. Je ne l'ai jamais visité, hélas !
Les luminaires modernistes ponctuent les artères.
A l'entrée du quartier de la Ribera, ces carreaux ondulés et émaillés composent un séduisant tableau, que j'ai inlassablement pris en photo au long des années.
Les rues qui partent de la Carrer de la Princesa présentent toujours le tricotage étroit de la ville médiévale.
Les façades sont devenues une mosaïque de matériaux, témoignage de leur long passé. Le quartier du Born est une des plus authentiques zones historiques de Barcelone, et une de mes préférées.

 Le Musée Picasso

Des palais gothiques 

Dans la si typique Carrer de Montcada, cinq palais médiévaux contigus ont été transformés en musée. Ces demeures des XIIIe-XIVe siècles sont très similaires avec leurs fenêtres à fines colonnettes, la cour à escalier dotée souvent d'un puits, et une délicate ornementation gothique.

















Certaines de ces constructions ont conservé un décor orné, certes beaucoup plus tardif, mais qui demeure spectaculaire par son état de conservation.

Les photos sont interdites dans le musée. J'ai obtenu de pouvoir en prendre dans ces salles, à condition de ne pas photographier les pièces exposées de trop près. J'ai dû montrer mes images !
Pour ces mêmes raisons, je n'ai pu photographier ni tableau, ni dessin. Tous ceux que j'ai insérés proviennent du site du musée.

Picasso n'est pas né à Barcelone, comme beaucoup le croient, mais à Malaga.
Son père, José Luis Blasco, était conservateur du musée et le premier déménagement à la Corogne fut provoqué par la fermeture du musée. Il avait toujours chaleureusement encouragé son fils à peindre et la première peinture connue de Picasso, Le petit picador jaune, fut réalisée à l'âge de huit ans.
C'est à Barcelone que Pablo passa des vacances à l'adolescence et qu'il décida de suivre la formation de l'Ecole des Beaux-Arts. C'est là aussi qu'il réalisa sa première exposition publique. 

Les collections 

Il était donc logique que Barcelone accueille un des nombreux musées Picasso ouverts en France et en Espagne, consacrés à des pans d'une œuvre prolifique. Picasso mourut à l'âge de 91 ans et resta actif jusqu'au bout, et je me demande si on parviendra un jour à établir un catalogue vraiment complet de ses œuvres. Celles exposées dans les musées sont connues, mais combien de particuliers en possèdent qui ne sont pas répertoriées ?
Je connais ce musée depuis mon tout premier voyage à Barcelone. J'y suis allé en tout une dizaine de fois, mais je crois que ma dernière visite remonte à une douzaine d'années.
Il était temps de rafraîchir les souvenirs ! Surtout que le Musée a beaucoup changé. Moins de pièces exposées, mais mieux documentées, dans des salles plus claires. Cela correspond évidemment mieux à une muséographie actuelle.
Cependant j'y recherche beaucoup d'œuvres bien présentes dans mon souvenir (le menu des Quatre Gats, des caricatures, les dessins où il se présente avec son ami Sabartès, un beau portrait de danseuse notamment). La série des colombes me paraît fortement amaigrie.
La collection visible se répartit en quatre parties : la première, la plus nombreuse et la moins connue, est consacrée aux œuvres réalisées durant l'adolescence barcelonaise. Suit un groupe de plats en terre cuite, et la variété de leur datation prouve combien ce fut une pratique récurrente tout au long de sa vie. Enfin une série thématique sur les colombes, un thème cher au peintre, et on termine par l'explosion de la suite des Menines. C'est utile de présenter ces œuvres de la maturité pour évoquer le parcours artistique de Picasso.
Les premières peintures présentées ont été exécutées à l'âge de quatorze ans, et c'est confondant.
On mesure combien l'adolescent maîtrisait déjà le vocabulaire technique et mettait en avant l'exceptionnelle sûreté de son trait de crayon, une qualité qui ne l'abandonna jamais.

La visite de ce musée devrait être obligatoire pour tous ceux qui prétendent que Picasso ne savait pas dessiner ! M

Si on connaît un peu la production de l'artiste, on guette dans ces réalisations de l'adolescence les prémisses de la carrière. Dans ces Terrasses de toit, une simplification des volumes ne permet-elle pas de pressentir le futur cubisme ?

La formation culturelle et les contacts artistiques nourriront l'œuvre de Picasso tout au long de sa vie. J'ai vu beaucoup d'expositions sur ce thème (Picasso et Manet, Picasso et Matisse, Picasso et Velazquez, et tout récemment un Picasso et Picabia où le second résistait bien mal face au génie du premier). Voilà une nature morte directement puisée à la source de Cézanne.

Les caricatures de Picasso sont toujours savoureuses. Voilà les deux peintres Rusiñol et M. Utrillo, compères exposés au MNAC.
Jaume Sabartès, l'ami de jeunesse devenu secrétaire particulier, est à l'origine de ce musée.


Le célèbre portrait de Margot tente des techniques pointillistes, avec des yeux comme Van Dongen les multipliera.
Période bleue, déjà. Une Maternité de 1903.
A la suite de Toulouse-Lautrec et de ses représentations de la scène, quelques pastels croquant Yvette Guilbert.
Actuellement l'exposition temporaire se consacre au premier voyage à Paris. Un croquis rapide à la plume avec une cocasse tour Eiffel ouvre le bal.

Un très délicat Arlequin, un des thèmes récurrents dans la peinture de Picasso.

Sur la Côte d'Azur, Picasso avait installé un colombier sur le balcon de sa villa. C'est donc celui-ci qui est représenté avec beaucoup de détails sur cette joyeuse toile.


Une des œuvres d'artistes inspirants : une Corrida de Manet.
On termine avec la fulgurance des Menines. Le principe est davantage connu en musique où de nombreux compositeurs ont écrit des variations sur des thèmes de collègues, de Mozart à Brahms pour les plus connus.
Picasso a souvent repris ce principe, avec le Manet (Le Déjeuner sur l'herbe par exemple) , Goya ou ici Velazquez.

Je trouve que le génie créateur autant que créatif de cet unique touche à tout, sans cesse visité par la muse, éclate davantage dans le Musée Picasso de Paris.
Mais ma visite de celui-ci est indispensable pour découvrir les racines du génie et mesurer tout le chemin parcouru.
Un magnifique Saint Christophe pour terminer la visite. 

Curiosité ! Il s'agit de la grille d'un puits où l'eau s'est condensée en perles miroitantes.

Déjeuner au Nou Celler


J'ai réservé dans ce restaurant pour éviter la foule de touristes. 
Le restaurant aligne petits volumes de manière traditionnelle.

Cela me rappelle une célèbre adresse vénitienne, All'Angelo, où j'ai mangé à de très nombreuses reprises. Dans les deux, les murs sont couverts d'œuvres réalisées par les célèbres clients artistes.

Lustre original à base de verres.
Une des plus originales cartes des vins jamais vues !

Le Verdejo, mon blanc espagnol préféré ! Un vrai vin de plaisir.
J'ai du mal à faire mon choix dans un menu où tout me tente. Je découvre le Salmonejo, un parent du gazpacho aromatisé au jambon bellotta.
Une spécialité catalane, le fricandò, où le veau est longuement mijoté.
Entrée et plat me plaisent beaucoup, mais je suis plus déçu par une crema catalana trop épaisse et assez fade. 
Dommage ! Une adresse recommandable cependant, d'un excellent rapport qualité-prix. 

 Le Parc de la Ciutadella

On détruisit l'ancienne citadelle pour ouvrir un vaste parc public, en 1888, à l'occasion de l'Exposition Universelle.
Les serres métalliques sont un précieux témoignage de l'époque.
Ce spacieux parc fait le bonheur des promeneurs, sportifs, familles...
Comme tous ceux que je connais dans le monde, en fait.

Très inattendue, cette sculpture pittoresque où un homme (dont la physionomie évoque le Noir traditionnel en sculpture) serre deux lionceaux.




Un classique de ces grands parcs du XIXe siècle, le lac artificiel.
Des cyprès chauves de Virginie ? Je ne suis pas sûr !

Le Parlement de Catalogne jouit d'un cadre aussi agréable que le Sénat parisien et son jardin du Luxembourg.
On trouve même une église qui faillit bien disparaître dans un incendie.

Les perroquets verts, autrefois limités à quelques jardinets, ont maintenant colonisé toute la ville. Et c'est la saison des architectes ! Tout le monde s'affaire à la construction des nids.
Ah, ah, ah! Le peintre et son modèle ! !!


Je ne garantis rien, mais je pense que c'est la sculpture de Josep Clara, Aux volontaires catalans. Un hommage à la Grèce classique, apparemment.
Le Mammouth de Miquel Dalmau rencontre toujours du succès. Difficile de lui tirer le portrait sans selfier sur l'image !
Fontsere, l'architecte paysager qui créa le parc, demanda au tout jeune Gaudi son assistance. C'est lui qui s'occupa de la partie hydraulique et dessina la grotte. J'ai eu la chance de voir ses plans et dessins, il y a une quinzaine d'années, dans une riche exposition thématique.
Pendant une longue période, la cascade était en travaux. La minutieuse restauration lui a rendu son lustre, et les chevaux du quadrige étincellent.

La tour Glories de Jean Nouvel, inaugurée en 2005, est affectueusement baptisée le concombre.
La même, le soir après le concert