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mardi 18 décembre 2018

Paris : Promenades, Titouan Lamazou au Musée du Quai Branly



Promenade dans le Sentier


Ce samedi matin, le temps n'est pas au beau fixe mais au moins la pluie qui menaçait ne s'est pas encore déchaînée. Je ne me refuse donc pas une petite marche, en passant par Réaumur et le Sentier.


L'immeuble cathédrale

L'immeuble-cathédrale a été construit en 1900. Une fantaisie néo-gothique s'est déchaînée ici, entre l'horloge monumentale et les décorations qui lui sont traditionnellement associées (mois, saisons, zodiaque). Cela fut possible car cette partie de la rue Réaumur avait été récemment percée, en 1897, et les règles très strictes de l'urbanisme haussmannien avaient été déclarées caduques.

Le Passage du Caire

Au centre du Sentier, ce passage est le plus long de tous ces passages parisiens. Il fut réalisé à la fin du XVIIIe siècle, en pleine période d'égyptomanie déclenchée par la campagne de Napoléon. Trois têtes de la déesse Hathor ornent la façade. Par souci d'équilibre, on a aussi élaboré de fausses fenêtres.

Fresque tintin de Combo

Les surprises de l'art pariétal : voici une scène que Hergé n'avait pas prévue ! L'artiste de rue Combo s'était exprimé à ce sujet : « Tintin et le Capitaine Haddock vivent à deux dans un château avec un chien. Je pense que c’est assez clair. »


Je hâte le pas pour retrouver mon amie Michèle chez Chartier.

Déjeuner chez Chartier



Voilà une demande qu'on m'a déjà faite, et que je pense enfin à honorer : je photographie le menu du jour.


Pour l'entrée, pas de tergiversation, je reste fidèle au potage de légumes, toujours à un euro !


Hésitation pour le plat. Côte de veau ? Cervelle grenobloise (un plat quasiment introuvable ailleurs) ? J'opte finalement pour la choucroute. Très honnête, avec une charcuterie respectable, mais je trouve le chou un peu maigre. Personnellement, je la cuisine à la graisse d'oie, ce qui confit le chou. Celui-ci est plus léger, et c'est tout de même une qualité.


Le cadre immuable a ses aficionados. C'est tout le temps plein et, passé midi, on est assuré de faire la queue.


Comme le vrai baba est présent sur la carte, pas d'hésitation non plus. On a bien rarement l'occasion d'en goûter un aussi bon !


La carte tradition est jouée à fond.


Itinéraire compliqué pour rejoindre le Musée du Quai Branly ; à cause des manifestations des gilets jaunes, plusieurs rues et avenues sont condamnées, des stations de métro fermées. Il faut ruser pour ne pas perdre trop de temps.

Cathédrale de la Trinité

 Je traverse par le Pont de l'Alma, et atteins la Cathédrale de la Trinité, édifiée par Wilmotte. C'était un fameux projet Sarkozy-Poutine, qui fut loin de faire l'unanimité. Je me rappelle un article où on le surnommait le Kremlin sur Seine.


Officiellement les gilets jaunes seraient cantonnés au Champ de Mars, mais apparemment seuls les touristes peuplent les lieux.



En ce jour de manifestation, les musées restent ouverts mais ne font pas le plein. J'ai le temps de visiter expositions (Madagascar, Peintures des Lointains) et une partie des salles (Papouasie).
Je termine par une encore plus inattendue ici :

Le bateau-atelier de Titouan Lamazou


Le sympathique navigateur réalise depuis plus de trente ans des ouvrages où se mêlent textes, dessins, peintures et photographies. Il a abandonné les courses mais conçu le projet d'un bateau-atelier, un catamaran avec un atelier artistique posé sur le pont. Prêt à naviguer en 2020 !


L'exposition présente un peu tout cela, avec des cartels soigneusement calligraphiés.


De grandes peintures montrent un indéniable savoir-faire, et une attirance pour une palette très vibrante.



Les lieux évoqués sont essentiellement l'Océanie, ce qui lui permet d'imaginer une rencontre de Gauguin et de Stevenson sur l'île d'Ua Pou.


Je préfère finalement ses dessins sépia à ses peintures.


Beaucoup de portraits féminins ; il s'agit surtout de personnalités, mélanésiennes ou antillaises, mobilisées dans des combats écologiques pour préserver la nature.



Elargissement d'une rencontre imaginaire ; aux deux précédents se sont ajoutés London et Segalen, également voyageurs dans ces îles. " Des personnages qui sont ce que je suis " a déclaré le peintre.


Cartes colorées, peintures traditionnelles émaillent la visite.





Le fameux bateau-atelier est présenté par une maquette minutieuse.


On croise aussi des pièces, livres, textes, d'autres voyageurs.


Eric Tabarly, la figure tutélaire.


Délicate gouache représentant une certaine Gwendoline.




Pour qui aime les couleurs flamboyantes, on est servi…


Retour vers Bastille


Je sors quasiment à la nuit tombée et c'est bien difficile de rallier la Place de la Bastille. Une fois passé le Pont Alexandre III, tous les accès vers les rues sont coupés et la foule compacte est rassemblée sur la berge. Ce n'est guère aisé d'avancer à bon pas.


Je finis par traverser le jardin des Tuileries, en espérant m'engouffrer dans le métro. C'est raté, encore une station condamnée. Je file vers l'Opéra sans traîner, l'heure de mon spectacle approche.


La Rue de la Paix scintille déjà en cette période.

Je parviens enfin à attraper le métro à Opéra, et m'engouffre à la japonaise dans une voiture de métro absolument bondée, où je suis compressé comme rarement.


Place de la Bastille, la manifestation n'est pas achevée : le filtrage a quasiment vidé le cercle de ses véhicules, et quelques feux annoncent encore la couleur.


Mais ouf, je suis à temps pour mon opéra : Simon Boccanegra à l'Opéra Bastille.


Dimanche : déjeuner


Pas grand chose en ce dimanche matin pluvieux, où je fais le marché sur le boulevard Richard-Lenoir. Je retrouve cette fois Françoise, qui m'emmène dans une de ses découvertes du quartier. Une cuisine originale et d'excellente facture à tester !


Tartine de giroles, œuf poché et lard paysan. Très agréable entrée de saison.


Pavé de cerf, gâteau de panais et fondue de légumes oubliés. Une association intéressante, même si je pense que le panais, un légume au goût puissant, aurait mérité d'être mélangé avec de la pomme de terre.


Je repère un dessert chaud et me jette dessus : soupe de coings aux pistaches et au yuzu, où le fruit domine largement. C'est toujours le risque avec un produit aussi caractérisé.

Le menu n'est pas franchement donné (49 €) mais c'est une cuisine bien faite, d'un chef qui a des idées.

Malheureusement, le repas est un peu précipité car c'est cette fois l'Elisir d'amore qui m'attend !