Translate

samedi 26 octobre 2019

Vienne : Rétrospective Albrecht Dürer (Albertina), première partie


L'Albertina possède cent quarante dessins de Dürer, dont au moins trois très célèbres (la touffe d'herbe, le lièvre et l'aile de rollier) dont elle expose habituellement des copies. Elle se décide enfin à monter une grande exposition, extrêmement riche, en présentant ses fonds et en les complétant avec de nombreux prêts. On ne trouve pas toutes les peintures célèbres, certains musées ayant sans doute refusé de se séparer de leur pièce maîtresse, mais le grand nombre d'œuvres exceptionnelles, rarement ou jamais montrées, fait de cet exposition un vrai évènement. Plus de deux cents numéros d'exposition, c'est rare de nos jours, et encore plus concernant un artiste majeur.



J'ai opéré une sélection dans mes photos, souvent à cause de leur qualité, ai écarté certaines un peu trop répétitives. Mais il m'en restait tellement et je ne pouvais me résoudre à les supprimer ; j'ai finalement opté pour une division en trois articles.

Dürer, c'est donc pour moi un des plus grands maîtres de l'histoire. Dessinateur hors pair depuis son plus jeune âge, premier grand aquarelliste, un des premiers paysagistes, incroyable technicien, il se montre apte à assimiler et synthétiser les courants européens avec une clairvoyance stupéfiante. Et c'est un curieux qui s'intéresse à tout. Observateur de la nature, journaliste du quotidien, le vêtement d'une femme pieuse dans une église l'intéresse autant qu'une violette. Il teste un à un tous les supports et les media dont il entend parler.

Un peintre absolument passionnant, un des vrais génies me semble-t-il.

N'oublions pas l'homme de lettres, au sens propre d'abord puisqu'il tient une correspondance nombreuse, un diariste qui tient son journal de voyage, un écrivain qui publie un traité sur l'étude des proportions...



Un artiste précoce, aussi, comme le montrent ces dessins de jeunesse. Il s'agit d'un autoportrait à quinze ans ; le visage semble beaucoup plus mûr !


Un autoportrait réalisé à treize ans !


Cet autoportrait nu, à l'âge de vingt-huit ans, est révolutionnaire pour son temps. Dürer se servit d'un petit miroir (il n'avait pas le choix, vu le prix de cet objet) pour dessiner des parties de son corps, assemblées ensuite. Un critique a souligné qu'il faudrait attendre Egon Schiele pour revoir un autoportrait nu !


C'est à vingt-trois ans qu' il réalise ce dessin rapide de sa bien-aimée et y inscrit "mein Agnes". Le couple restera très uni et, comme dans le cas de Rembrandt, madame servira souvent de modèle.


Trois auto-études, en 1493.


Un remarquable paysage, par un artiste de dix-neuf ans. C'est son plus ancien dessin de paysage connu.


Ses talents à représenter le paysage serviront souvent, comme dans ce Saint Jérôme en pénitence.


Enfant Jésus de 1493.


Délicieuse vue de Nürnberg, sa ville natale. Une merveilleuse ville bavaroise qui expose des chefs-d'œuvre dans ses musées et où on visite la maison du peintre. On peut même y imprimer des gravures !


Parmi ses champs de recherche, Dürer dessina des modèles pour des réalisations d'orfèvrerie. Un peintre designer.






Quelle finesse dans ce dessin délicatement rehaussé d'aquarelle !


On a vu ici l'influence de Martin Schongauer, l'artiste de Colmar que Dürer admirait beaucoup.


Dürer illustrateur. Le livre imprimé est tout récent et l'artiste s'intéresse tout naturellement à ce nouveau procédé.


Sans avoir jamais vu de lion, l'image de l'animal était suffisamment diffusée depuis l'Antiquité pour que Dürer représentât souvent cet animal. Il était indispensable pour les pénitences de Saint Jérôme, par exemple.


L'intérêt pour l'Antiquité classique est indéniable. Dans ce comvat d'Hercule contre les Harpies, Dürer se distingue par de beaux visages féminins.



Dürer et l'art européen. Il recopie une gravure de Mantegna.



Excellente aquarelle de voyage que cette Innsbrück vue du nord, datée de 1495à peu de chose près ; c'est le moment où Dürer partit pour Venise, en ménageant de multiples arrêts pour fixer les lieux traversés.


Ses exquises aquarelles urbaines sont toujours à l'affût de détails d'architecture.




Lorsque j'ai vu, pour la première fois, un de ses paysages, j'ai été sidéré par la modernité du trait. J'avais visité peu avant une exposition sur les peintres de Barbizon et je trouvais plus que des ressemblanves techniques entre les deux !


Quel qu'il soit, le support est cher. On l'utilise jusqu'au bout !



Le vêtement reste un sujet d' intérêt tout au long de la vie du peintre. Dès qu'il voyage, il faitb des croquis.





Le sujet des baigneuses, fréquent dans la sculpture antique, s'était raréfié dans les siècles précédents, avec sans doute le poids religieux. On sait le succès qu'il retrouvera ultérieurement mais là encore, Dürer innove. Le dessin fut réalisé de retour de son voyage en Italie.




C'est rare de présenter une gravure de l'Apocalypse, formidable série, encore dans le volume.


Malgré la contrainte de la gravure sur bois, qui limite les détails, c'est un fabuleux travail d'expressivité et de mouvement.


Toujours, le paysage est extrêmement soigné, comme s'il était un sujet à part.




Cette Vierge à l'enfant est célèbre pour le dynamisme des couleurs complémentaires. Mais ici elle introduit un ensemble d'œuvres illustrant la précision de l'observation de la nature.



Pour donner à cet iris une grandeur nature, Dürer a assemblé plusieurs feuilles.






Un papillon, un champignon, une grenouille... Tout devient sujet.



Cette aquarelle d'ancolies était venue à Paris pour l'exposition Jardins.


Toute petite et délicieuse aquarelle d'un bouquet de violettes.


Voilà un de ces paysages qui pourrait dater du XIXe siècle.



Même un mufle lui est digne d'intérêt ; quelle maîtrise !


La fameuse aile de rollier. Pour une fois que je vois la vraie, je fais un gros plan !



Le lièvre, icône de l'Albertina.


Et la non moins fameuse touffe d'herbe.


Il paraît qu'il commença par réaliser des études de chaque plan séparément avant de terminer sa composition. Ses contemporains, déjà, furent bluffés par le résultat final, dans un sujet entièrement nouveau pourtant.


5 commentaires:

  1. Magnifique exposition. Votre article donne l'impression de la visiter à vos cotés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est le but recherché ! Merci beaucoup pour votre commentaire.

      Supprimer
  2. Extraordinary ! The exhibition of marvels.
    Thank you for your exceptional article.
    Annie

    RépondreSupprimer
  3. Je suis très heureuse de me trouver devant Dürer, un très grand parmi les dessinateurs, qui s’intéresse à tous les sujets.
    Merci de m’embarquer pour cette exceptionnelle exposition.
    Bisous. Mam

    RépondreSupprimer

Un grand merci de prendre le temps de laisser un commentaire. Je promets de le lire aussi vite que possible.
N'hésitez pas à signer votre message, ce sera encore mieux : je n'ai AUCUN moyen de connaître votre nom, votre e-mail, ou votre blog.
Si vous préférez que vos coordonnées n'apparaissent pas, mais que je vous réponde en privé, utilisez le formulaire de contact, accessible sur la version web du blog.